De moi, vous dire..

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Paris, France
Ma vie, c'est du bonheur à ne plus savoir qu'Enfer. Journaliste littéraire et culturelle pour le BSC News Magazine, je suis une passionnée, amoureuse de la vie et boulimique de mots. Ceux que je dévore à travers mes très nombreuses lectures, et ceux qui se dessinent et prennent vie sous ma plume. Je travaille actuellement à l'écriture d'un roman, d'un recueil de poèmes ainsi que d'un recueil de tweets. A mes heures perdues, s'il en est, j'écris des chansons que j'accompagne au piano. Mon but dans la vie ? Réaliser mes rêves. Work in progress... LES TEXTES ET POÈMES PRÉSENTS SUR CE BLOG SONT PROTÉGÉS PAR LE CODE DE LA PROPRIÉTÉ INTELLECTUELLE (COPYRIGHT).

16 juil. 2012

Poème, 'Solitude'


Si bien des fois je t’apprécie
Si ta présence est soulagement
Vivre avec toi est un défi
Un combat de tous les instants

Indésirable et insoumise
Toi l’hôte de mes abandons
Contre laquelle mes rêves se brisent
Refuge des âmes en perdition

Quand vient le soir je te redoute
Toi qui es absence de tendresse
Toi qui n’es jamais à l’écoute
Toi dont l’obstination m’oppresse

Dans ce silence que tu imposes
Dans ces sourires que tu me voles
Je sens mon cœur qui implose
Et plus de Nord sur ma boussole

Tu ne sais pas sécher les larmes
Tu ne sais pas réconforter
Tu me laisses affronter mes drames
Sans même une ombre à mes côtés

Et quand ceux que j’aime m’abandonnent
Se jouent de moi ou me délaissent
C’est dans tes bras que je frissonne
C’est ta froideur qui me caresse

Tu te glisses dans des draps de soie
Pour prendre la place de l’amour
Toi qui me lestes de ton poids
Toi qui dessines mes contours

Je te confie mes insomnies
Mes doutes, mes peines et mes espoirs
Mes déceptions, mes agonies
Mes rêves de nouveaux départs

Tapie dans le creux de mon cœur
Toi l’invisible à l’œil nu
Tes faux départs ne sont qu’un leurre
Sitôt partie que revenue


J’ai appris à vivre avec toi
Et tes ombres sur mon visage
Mais pourtant je ne me fais pas
A ce brouillard dans ton sillage

Tu es parfois simplement douce
Toi l’encre de mes aquarelles
Mais quand l’amour est à mes trousses
C’est là que tu deviens cruelle

J’aimerais alors pouvoir m’enfuir
Je te repousses à coups de mots
Toi qui n’as rien pour me séduire
Toi qui te nourris de mes maux

Toi l’étrangère, toi ma complice
Toi la prison des cœurs perdus
Toi le meilleur de mes supplices
Ma Solitude, toi qui me tues.

Mélina, Juillet 2012

11 juil. 2012

Chronique 'Sobibor', de Jean Molla



«  Peut-être vais-je essayer de vomir en mots ce que j'ai des mois durant vomi en silence. Nourritures à peine digérées me lacérant la gorge, me laissant épuisée, douloureuse. Nourritures avalées comme une forcenée, pour me faire taire, ou pour remplir ce vide immense au-dedans de moi. Vide trop grand pour mon corps de jeune femme. Vide qui me mangeait de l'intérieur, qui menaçait de m'engloutir. Vide qui creusait mes joues et mes côtes. Vide qui se nommait Sobibor, et que j'ignorais. Mais je vais trop vite. Je dois refaire le chemin inverse. Pour moi. Pour les autres. »

Emma est une jeune fille de 17 ans en proie à un mal qui la dévore silencieusement de l’intérieur. Un régime qui tourne mal, une perte de poids trop brutale, un corps devenu impossible à aimer, une perte de contrôle, et la maladie qui sournoisement s’installe. Entre crises de boulimie et vomissements, c’est au vide qu’aspire Emma. Un vide, une absence dont il lui devient nécessaire de se remplir. Vomir tout ce qui tente de pénétrer en elle, désirs et émotions ; se délivrer de ses craintes et de ses angoisses. Vomir pour se sentir libre et libérée.
Confrontée à l’indifférence de ses parents et à un petit ami indélicat, Emma n’a que Mamouchka à qui se confier, une grand-mère qu’elle admire, talentueuse musicienne, tellement précieuse à ses yeux. Aussi, quand Mamouchka tombe malade, la jeune fille se réfugie un peu plus profondément dans ses troubles alimentaires, s’effaçant de plus en plus derrière une maigreur terrifiante. « Ce corps, c'est moi qui l'ai façonné, qui l'ai épuré. Je l'ai corrigé, domestiqué, plié à ma volonté. Assujetti. Je tends vers l'absolu, je suis sans âge.»
Et puis, une nuit, alors qu’Emma veille sur sa grand-mère mourante, Mamouchka prononce quelques mots dans son sommeil. « Eva Hirschbaum », « Jacques », « Sobibor ». Trois mots qui n’évoquent rien pour Emma, mais qui semblent troubler son grand-père lorsqu’elle l’interroge sur leur sens possible. C’est dans un journal dissimulé dans les affaires de sa grand-mère qu’Emma trouvera les réponses à ces questions, quelques jours après le décès de celle-ci. Un journal qui la plongera dans un véritable cauchemar, au cœur d’un camp d’extermination nazi pendant la seconde Guerre Mondiale, et qui la confrontera à d'impensables et tragiques secrets de famille.
« Le cahier m'est tombé des mains. J'avais découvert un puzzle dont chaque élément me faisait horreur : un jeune bourgeois collaborateur, pétri de certitudes, un nazi criminel et arrogant. Ce camp, Sobibor. Il restait évidemment un espace vide, une pièce manquante que je redoutais de retrouver et qui avait le visage de Mamouchka. »
Jean Molla nous offre ici une histoire poignante à laquelle vient se mêler une parcelle d’Histoire, terrifiante. Il aborde avec singularité les thèmes difficiles de l'anorexie et des camps de concentration en s'intéressant particulièrement à la mémoire, à l'après, et au poids que peut constituer l'histoire familiale sur les générations suivantes lorsque certains secrets enfouis sous des couches de mensonges sont soudainement révélés.
C'est le silence qui domine tout au long du livre. Celui dans lequel Emma vit sa maladie, et celui qui recouvre l’effroyable témoignage contenu dans le journal trouvé par la jeune fille, celui d’un SS employé au camp d’extermination nazi de Sobibor, en Pologne, au moment de la seconde guerre mondiale. Un témoignage qui mettra Emma face à l'horreur et au mensonge, bouleversant à jamais le regard qu'elle portait sur ses grands-parents et la privant brutalement de ses repères.
Récit de faits historiques et fiction s'entremêlent ainsi pour nous livrer, au final, une véritable leçon de vie.
Une lecture riche et parfois éprouvante, que l'on a du mal à interrompre et qui nous hante longtemps. Une lecture nécessaire, assurément.

Mélina Hoffmann

Chronique publiée dans le BSC News Magazine de Juin 2012.

4 juil. 2012

Chronique 'Un hiver avec Baudelaire', Harold Cobert



« Tout continue et recommence sans cesse, différent et pourtant à l'exact identique. Mendier. Dormir. Se laver. La date des journaux. Déféquer. Bouffer. Boire. Dormir. Rester propre. Penser à Claire. Ne pas crever. (...) Hier ressemble à aujourd'hui, et demain à hier. Avenir et passé s'effondrent et agonisent dans un présent sans fin. »
Philippe Lafosse est cadre dans une entreprise. A 27 ans, il est le papa d’une petite Claire de six ans et demi, sa princesse comme il l’appelle souvent. Une existence normale, « banale » oserait-on dire… Jusqu’au jour où sa femme, dont il est divorcé depuis trois mois, le met à la porte. Dans le même temps, son CDD n’est pas renouvelé.
Du jour au lendemain sans toit ni travail, Philippe n’a plus que ses petites économies dans lesquelles il puise pour se loger et subvenir à ses besoins primaires. Mais lorsque son compte arrive à sec et que le seul ami à qui il ose demander de l’aide la lui refuse, c’est la descente aux enfers pour Philippe qui n’a alors plus d’autre choix que de dormir dans la rue et mendier, non plus pour vivre, mais pour tenter de survivre. En quelques jours à peine, Philippe est devenu un SDF, de ceux dont on croise la route tous les jours, le plus souvent dans une tragique indifférence. Il découvre le monde de la rue, son inconfort, ses dangers, ses règles, ses hivers rudes, son désespoir, sa solitude.
 « - Excusez-moi madame, il me manque un euro pour pouvoir manger... Excusez-moi monsieur...
Regards aveugles, mouvements de tête négatifs, haussements de sourcils, soupirs agacés, bougonnements, mains levées comme un mur invisible ou une barrière infranchissable. »

Et puis, un soir, au détour d’une rue sombre, une rencontre inattendue va mettre un peu de poésie dans sa triste existence et l’aider à trouver l’espoir et le courage de s’en sortir...
Bouleversant. C'est le premier mot qui me vient à l'esprit pour décrire ce roman - au titre et à la couverture aussi poétiques qu'énigmatiques - qu'il est impossible de lire sans avoir au moins les larmes aux yeux ! Harold Cobert nous dresse ici le portrait poignant d'un homme qui, en quelques jours à peine, voit sa vie basculer d'une façon qu'il n'aurait jamais pu envisager. Un récit dur, brutal, parsemé de touches de tendresse et de poésie. D'optimisme aussi.
On enchaîne les courts chapitres qui se succèdent sans plus pouvoir s'arrêter, la gorge nouée, le cœur serré.
La plume d'Harold Cobert est d'une incroyable efficacité, sobre, sans fioriture, échappant habilement au voyeurisme tout en étant précise et réaliste. Car au-delà de l'aspect romanesque, il est bien question dans cet ouvrage d'une triste réalité, celle d'hommes et de femmes bien trop nombreux face auxquels nous avons adopté le réflexe de baisser les yeux. Des être humains dans une profonde et inacceptable détresse, que la rue dépouille lentement de leur humanité.
On peut espérer de ce récit qu'il nous aide à changer notre regard sur cette misère humaine, en nous rappelant que derrière chacun de ces SDF dont nous croisons quotidiennement la route, il y a avant tout un homme ou une femme, respectable, avec son histoire, ses douleurs personnelles. Et alors, si nous ne pouvons leur faire don de quelques pièces, peut-être oserons-nous au moins leur offrir un regard, un sourire, car il n'est pas seulement question d'argent, c'est aussi de l'humanité et de la considération qu'ils mendient. De l'espoir.
A-t-on vraiment le droit de leur refuser ça ?...
Un livre qui, une fois refermé, hantera encore longtemps votre esprit.
Mélina Hoffmann
Chronique publiée sur le site Internet du BSC News Magazine : ICI.

29 juin 2012

Poème, 'Peu importe'

Tu sais,

Peu importe que tu sois près ou loin de moi
que nos regards se mêlent ou qu'ils ne se croisent pas

Peu importe que ton sourire se dérobe au mien
Peu importe l'immensité de mon chagrin

Peu importent ton indifférence et tous ces longs silences
Peu importent tes doutes, mes rêves et nos errances

Peu importe que tes mots soient durs ou qu'ils soient doux
que ça nous rende heureux ou que ça nous rende fous

Peu importe même que j'aille vers d'autres horizons
que je perde la tête, le cœur ou la raison

Peu importe que je m'abandonne dans d'autres bras
Peu importe que je te sème dans d'autres draps

Peu importe que nous ne partagions plus le même soleil
que je ne sois plus l'étoile qui brille dans ton sommeil

Peu importe hier, peu importe demain
Peu importe qu'on soit tout ou qu'on ne soit plus rien

Peu importe que cette vie-là ne nous réunisse pas
que les jours se suivent et ne nous rassemblent pas

Peu importent les rêves égarés en chemin
Peu importent ces mots que l'oubli fera siens

Peu importent les larmes, les regrets, la colère
Peu importent nos vies qui s'écrivent à l'envers

Peu importe tout ça, tu sais, l'important est ailleurs
c'est cette partie de toi qui survit dans mon cœur

Cette présence muette qui jamais ne s'absente
Ces souvenirs précis, ton sourire qui me hante

Le temps peut bien filer, nous semer, il ne t'effacera pas
Parce qu'un sentiment comme ça, mon Amour,
peu importe le reste, un sentiment comme ça
ça se fuit, ça s'oublie, mais ça ne s'éteint pas.

Mélina,
Juin 2012


28 juin 2012

Chronique 'Un soir de décembre', Delphine de Vigan



« C'est l'histoire d'une femme qui écrit à un homme qui écrit, une femme sans contours, venue de nulle part, qu'il a peut-être oublié, qui peu à peu se dessine, refait surface, cherche de l'air. Un air plus doux, apaisé. »
Mathieu Brin en a connu des femmes. De nombreuses femmes qu'il a séduites, désirées, aimées l'espace de quelques heures, parfois un peu plus longuement. Il en a pleurées aussi, certaines. A 45 ans, il partage désormais sa vie avec Élise et leurs deux garçons. Une vie heureuse et plutôt tranquille que vient pimenter la publication du premier roman de Mathieu. Le succès est au rendez-vous et de nombreuses lettres de lecteurs et d'admiratrices viennent se glisser dans sa boîte aux lettres.  Jusqu'au jour où l'une d'elles, au ton étrangement familier, va éveiller en lui le souvenir troublant d'une passion qu'il croyait évanouie. 
« (...) Peut-être sauras-tu lire entre les lignes, dans cet espace intact qu'aucun mot ne caresse ni ne frappe, ce que je ne sais pas dire. » Entre les lignes Mathieu reconnaît ce désir vif et exaltant, c'est celui de Sara. Sara est l’une de ces femmes qui ont traversé sa vie. Sara appartient au passé. Un passé qu’Elise est venue balayer d’un revers de main en entrant dans la vie et dans le cœur de Mathieu. Pourquoi alors, les lettres de la jeune femme qui se succèdent, toutes empreintes d’une même fièvre, bouleversent-elles autant Mathieu ? La mémoire peut-elle faire renaître une passion ancienne de dix ans ? Voudra-t-il la revoir ? Est-ce seulement ce qu’elle attend de lui ?
Très vite, Mathieu sent tout contrôle lui échapper et s’isole dans le souvenir de ce passé qui le plonge dans une insatiable soif d’écriture. Il puise dans ces lettres l’inspiration pour écrire son second roman. Plus rien d’autre ne compte. L’écriture, espace où tout devient possible ; l’écriture qui engloutit tout, qui enflamme le corps, le cœur, qui attise les sentiments les plus brûlants, ceux que l’on n’ose pas confronter à la réalité. C’est au milieu des mots qu’il la retrouve, elle qui n’a cessé de l’attendre, de l’espérer toutes ces années ; elle qu’il avait quittée un soir de décembre ; elle dont, soudainement, il ressent le besoin.

Avec la justesse, la sensibilité et la délicatesse qu’on lui connaît, Delphine de Vigan nous entraîne dans les variations de la passion amoureuse, l’intensité du désir, le pouvoir de la mémoire, ou encore les paradoxes de l’écriture qui libère et emprisonne à la fois. L’écriture, aussi, qui permet de redessiner la réalité en l’imprégnant de nos désirs les plus inassouvis. L’écriture pour tromper l’absence, le vide et l’oubli comme l’exprime Sara à travers chacune de ses lettres.

 « Au fil des années, j'ai créé pour m'accompagner un être fictif, recomposé, modelé sous les doigts, conforme au besoin extrême que j'avais de toi. Tu n'avais pas d'autre réalité que celle-ci, surgie du manque, façonnée par l'attente, réinventée. Tu n'avais pas d'autre réalité que cet impossible oubli. »
L’histoire n’est pas originale et je ne cache pas lui avoir préféré Les heures souterraines [1], mais Delphine de Vigan sait la rendre délicieuse et enivrante. Chacun de ses mots sonne incroyablement juste et nous brûle, tout comme le désir brûle la plume de chacun de ces deux amants perdus.

Mélina Hoffmann
[1] Voir chronique dans le numéro de juillet 2011 et sur le site Internet du BSC News et ici.
Chronique publiée dans le BSC News Magazine de Juin 2012.

26 juin 2012

Poème 'Je suis'

Je ne suis qu'une ombre, un courant d'air, comme un espoir évanoui
Le dernier rayon de soleil que s'apprête à chasser la nuit
Un rêve auquel on ne croit plus, une illusion qui s'évapore
Un peu de temps qui s'est perdu, juste un détail dans le décor

Je suis un souffle qu'on retient, des mots restés au bord des lèvres
Un souvenir qui nous revient, le corps et l'âme brûlants de fièvre
Je suis l'interminable errance, une envie que l'on n'ose pas
Trois points de suspension qui dansent sur un cœur qui ne guérit pas.


Mélina Hoffmann
Avril 2012.

Poème faisant partie des 100 lauréats du Concours de poésie RATP 2012 (sur plus de 4000 participants).