15 mai 2012

Chronique 'Prête-moi ton homme', Emily Giffin


« La pensée de Darcy m'effleure fugitivement l'esprit, mais elle est aussitôt refoulée dans les tréfonds de mon cerveau par une force plus puissante que notre amitié et ma conscience. Dex s'allonge sur moi. Je ferme les yeux, les rouvre, puis les referme, et voilà comment, par une de ces bizarreries dont la vie a le secret, je me retrouve à faire éperdument l'amour avec le fiancé de ma meilleure amie. »
A la veille de ses trente ans, Rachel fait le point sur sa vie. Avoir un travail qui lui plaît et un homme qu'elle aime, voilà les seules choses dont elle rêve. Rien d'extravagant à priori. Des rêves dont elle est encore bien loin pourtant... Son métier d'avocate dans un grand cabinet new-yorkais, elle le déteste ; quant à sa vie sentimentale : un désert à perte de vue.
Heureusement que Rachel a de nombreux amis avec lesquels elle peut régulièrement tromper sa solitude, et surtout, heureusement qu'elle a Darcy, sa meilleure amie depuis toujours ! Elle en aurait, pourtant, des raisons de la détester cette amie égocentrique et un brin peste, qui a toujours été la plus jolie, la plus chanceuse, la plus brillante, la plus "tout" en fait !, et qui a surtout toujours pris un malin plaisir à le lui rappeler ! Aujourd'hui encore, Darcy a un travail prestigieux et un fiancé - Dex - avec lequel elle forme un magnifique couple.
C'est d'ailleurs Rachel qui sera sa demoiselle d'honneur au mariage qui se profile. Un rôle dont elle se réjouissait… jusqu'à ce qu'elle ne commette l'impensable, l'irréparable : coucher avec Dex ! Mais le pire peut encore être évité, après tout il ne s'agissait que d'une bêtise après une soirée trop arrosée... Il suffirait d'oublier ce faux-pas et de faire comme si rien ne s'était jamais passé, comme si le fiancé de sa meilleure amie ne l'avait jamais attirée. Ils pourraient en parler et décider d'un commun accord d’oublier ce qui s'est passé ! A moins qu'un nouveau baiser ardemment souhaité ne vienne définitivement balayer l'hypothèse du faux-pas et tout bouleverser...
« Comment pourrais-je tourner le dos à une expérience que je n'ai encore jamais faite et que j'attends depuis toujours ? Personne avant Dex ne m'avait bouleversée à ce point. Et si le miracle ne se reproduisait jamais plus ? Et si c'était lui l'homme de ma vie ? »
Voilà un roman à l’eau de rose comme on les aime (à condition de les aimer évidemment !). Le scénario n’est certes pas original - une relation triangulaire entre deux meilleures amies et le fiancé de l’une d’elle, impliquant l’éternel dilemme entre préserver une amitié ou ouvrir la porte à un nouvel amour - mais Emily Griffin sait allier passion, trahison, humour et légèreté pour que la recette prenne.
Rachel choisira-t-elle de préserver son amitié avec sa meilleure amie ? Dex finira-t-il par annuler son mariage ? Darcy découvrira-t-elle la trahison de son fiancé ? Et si cette relation permettait à Rachel de voir son ami sous un nouveau jour ?
Difficile de lâcher ce livre avant d’avoir les réponses à ces questions ! Et malgré un dénouement légèrement tiré par les cheveux il faut le reconnaître, on passe un bon moment, et ça tombe bien, c’est exactement ce qu’on cherchait !
Mélina Hoffmann
Chronique publiée dans le BSC News Magazine de Mars 2012.

2 mai 2012

Chronique 'Si peu d'endroits confortables', Fanny Salmeron




« Je ne sais pas si deux solitudes s'annulent, je ne sais pas si elles se consolent. Je ne sais pas si au contraire elles ne forment pas un vide encore plus grand. J'espère que non. »

Il y a Hannah, la fille aux yeux verts qui promène son chagrin dans les rues de Paris. Sur les murs et les bancs de la capitale, elle grave inlassablement cette inscription : « Il y a si peu d’endroits confortables ». Parce que les yeux de celle qu’elle aimait étaient le seul endroit où elle se sentait bien. Des yeux qui se sont détournés d’elle. Un cœur laissé à l’abandon. « Pendant que je me consume, Paris se remplit du manque de toi. »
Et puis il y a Joss, le garçon aux cheveux bleus, venu à Paris pour peindre et oublier son passé. « Je suis venu chercher l'oubli, j'ai trouvé de la pluie. (...) La vérité c'est qu'on est imperméable à que dalle. Surtout pas au manque. »
Leurs voix s’entremêlent avant que leurs solitudes ne se croisent et s’unissent pour tenter de se réchauffer le cœur et de faire cesser cette pluie qui les recouvre. Tandis qu’Hanna fait découvrir à Joss toute la magie de Paris à travers son regard, le jeune homme tente de redonner à Hanna le sourire et l’espoir. Il pensait y être arrivé… Nous l’espérions aussi. Mais la réalité, parfois, parvient à engloutir les plus beaux rêves…
Ce livre se classe sans l’ombre d’un doute dans le top 3 de mes coups de cœur ! Une claque en pleine figure ! Un coup de poing dans le ventre ! Plusieurs semaines après l’avoir lu – que dis-je, dévoré ! -, il me hante encore, surtout les jours de pluie. L’atmosphère dans laquelle nous plonge Fanny Salmeron est délicieusement inconfortable, faite de tristesse, de souffrance, de manques, de solitude, d’errance, le tout sur un fond gris sale, sous un triste ciel d’hiver. Ce qui trouble, ce qui frappe, ce qui dérange à coup sûr, c’est sans doute le réalisme excessif de l’histoire, l’absence totale de féérie, la brutalité des émotions.
Difficile de ne pas tomber amoureux de la plume magique de Fanny Salmeron qui signe là un premier roman très prometteur. L’écriture haletante, oppressante parfois, nous prend aux tripes et c’est dans une sorte d’état second que l’on achève la lecture, presque essoufflé.
Une lecture à éviter toutefois à la sortie d’une déception amoureuse douloureuse !
Mélina Hoffmann
 Chronique publiée dans le BSC News Magazine d'Avril 2012.

23 avr. 2012

Chronique 'J'arrête de râler', Christine Lewicki



« A force de relever problèmes, oublis, défaillances, imperfections et autres défauts, à leur donner l'importance qu'ils n'ont pas, on leur offre l'occasion d'envahir nos existences. Et c'est la vie elle-même qui s'embrume alors du parfum de la déception et revêt la teinte morose de l'insatisfaction. Finalement, on ne devrait pousser qu'un seul râle dans la vie : le dernier. » Laurent Gounelle
Le train (encore !) en retard, le mauvais temps, le réveil qui sonne toujours trop tôt, le collègue grincheux, le coup de téléphone manqué, la queue à la caisse du supermarché, le voisin trop bruyant, l’ascenseur en panne, le week-end déjà fini, le téléphone qui ne capte pas, les embouteillages, les prix qui n’en finissent pas d’augmenter… Le nombre de raisons de râler est infini ! On peste contre tout et rien, on ronchonne pour un oui ou pour un non, on critique à tout va – pour se valoriser ou se soulager de ses propres imperfections, pour évacuer ses frustrations… En moyenne, il semblerait que nous râlions entre 20 et 70 fois par jour ! Et c’est ainsi que, sans même nous en rendre compte, nous polluons nos vies et celles de notre entourage, semant nous-mêmes les obstacles à notre propre bien-être. « Quand vous râlez, vous plantez des graines de frustration, de négativité, de jugement, de victimisation... Vous ne pouvez donc pas vous attendre à récolter dans votre vie de la sérénité, du bonheur, du respect, des réussites. »
Alors, si nous arrêtions ? Si nous essayions de ne plus râler pendant 30 jours ?! Facile vous dites ? Essayez ne serait-ce que quelques heures pour commencer, et vous mesurerez rapidement la difficulté de la tâche !
C’est en tout cas le défi que s’est lancée – et qu’a réussi ! - Christine Lewicki ! Dans cet ouvrage formidablement riche en citations et réflexions censées et positives sur le bonheur et le bien-être, elle nous présente une méthode en quatre phases pour arrêter de râler en 21 jours !
Elle nous invite à changer le regard que nous portons sur le monde qui nous entoure, à relever les choses positives, toutes celles qui se passent bien, au lieu de gaspiller notre énergie à nous plaindre de ce qui ne va pas. Au fil de la lecture et des exercices que nous propose l'auteur, nous prenons conscience de toutes ces râleries intempestives qui impactent nos actions et notre qualité de vie.
En effet, râler est bien souvent un prétexte pour ne pas agir, parce qu’il est plus facile de se poser en victime passive et de se plaindre plutôt que de prendre sa vie en main et se donner les moyens de changer ce qui ne nous convient pas, de devenir la personne que nous voulons être.
« A tout moment on a le choix de vivre sa vie comme on le souhaite, quoi qu'il arrive. Douleurs, échecs, galères, difficultés... On peut choisir de se considérer comme une victime impuissante ou être acteur de son bonheur. On peut choisir d'être accablé, ou de se prendre en main et savourer, célébrer ce que la vie nous donne. »
Un livre à mettre entre toutes les mains, qui apporte une réelle prise de conscience et peut véritablement changer la vie !! Petit à petit une sonnette d'alarme semble retentir dans notre tête à chaque râlerie dont nous sommes l'auteur ou le témoin, et on se met à râler de moins en moins ! Autre effet secondaire auquel vous échapperez difficilement : une fois lu, vous vous mettrez à offrir frénétiquement ce livre à tous vos proches et amis ! Et nul doute qu'ils vous en remercieront !
Mélina Hoffmann

 Chronique publiée dans le BSC News Magazine d'Avril 2012.

12 avr. 2012

Chronique 'Deux fois par semaine', Christine Orban




« - Asseyez-vous, dit-il.
Tout tourne autour de moi.
J'ai vingt ans.
Cent ans, parfois.
Une vie commencée par la fin.
Je suis jeune, mais qu'est-ce que la jeunesse quand on a perdu l'insouciance ? »

Mariée depuis peu, une jeune femme de 20 ans se trouve confrontée à la maladie de celui qu’elle aime et qu’elle est sur le point de perdre. Étouffée par une souffrance qu’elle ne sait pas dire, démunie face au drame qui se profile et la prive de toute capacité à ressentir la moindre émotion, elle décide, sur les conseils de son médecin, d’entamer une psychanalyse.  
C’est ainsi que, semaine après semaine, de lundis en jeudis, nous la suivons dans ce cabinet où se tisse peu à peu une relation ténue, presque muette mais néanmoins primordiale, entre elle et son psy. Une psychanalyse dont elle n’espère pourtant rien. « Si je vous parle et que vous parveniez à me guérir, ce sera pour vivre quoi ? »
Car que peut-on attendre de la vie lorsqu’elle nous a dépossédés de nos rêves et de ce qui nous est le plus cher alors même que nous y faisions nos premiers pas ? Qu’a-t-on à espérer d’une vie qui, au lieu de se laisser vivre, nous confronte à la mort de la manière la plus inadmissible qui soit ? A quoi bon ?
Des questions qui hanteront silencieusement chacun de ces entretiens au cours desquels elle tentera, avec pudeur et simplicité, de mettre des mots sur cette « anesthésie du cœur », ce mal-être insoutenable qui la ronge de l’intérieur et la pousse à trouver refuge sur ce divan, deux fois par semaine, face à un psy impénétrable qui n’a à lui offrir que des acquiescements, des raclements de gorge et quelques « hum » de temps à autre. Ersatz de communication auxquels elle s’accroche comme à une bouée de sauvetage, qu’elle tente d’interpréter, tout comme ses silences. Des silences qui la renvoient finalement à elle-même, là où se trouvent les réponses à ses interrogations, les ressources qui lui manquent.
« J'ai loué un espace de temps ; trois quart d'heures, deux fois par semaine. L'espace m'est réservé : reste trente minutes. Une demi-heure peut contenir l'histoire, les douleurs et les secrets d'une existence. Il suffirait de quelques mots, quelques minutes, pour s'alléger d'un fardeau. (...) Pour combattre, nous n'avons pas d'autres outils que les mots. Il n'y a ici ni affection ni compassion. Pas de bras dans lesquels se réfugier, aucune épaule sur laquelle poser sa tête. »
Et c’est par ce lien fragile et dénué de tout sentiment affectif qui se crée qu’elle s’extrait doucement, presque imperceptiblement, de la prison de solitude dans laquelle elle s’était enfermée, reprenant lentement contact avec elle-même et réapprenant la relation à l’autre, si essentielle.
Dans ce roman autobiographique, Christine Orban nous décrit avec précision et simplicité ce qu’est le début d’une analyse, la façon dont se construit et s’articule la relation entre le psy et son patient, l’observation mutuelle à laquelle ils se livrent au cours des séances, la difficile confrontation avec soi-même et le pouvoir des mots face à l’insoutenable.
Un livre tout en pudeur dans lequel les émotions se devinent plus qu’elles ne sont exprimées, nous frôlant sans jamais nous pénétrer. Un ouvrage sensible et intimiste.
Mélina Hoffmann

 Chronique publiée dans le BSC News Magazine de Mars 2012.

31 mars 2012

Chronique 'A propos du bonheur', Benoît Dubuisson


 
« (…) l’amour efface les peines. Il est plus fort que la tristesse, plus intense que la dérive de l’âme, il est une véritable vocation que se vouent deux êtres entre eux. (…) L’amour est grand, immense, intouchable puisque rien n’est plus beau que deux êtres qui s’aiment car ils nagent dans la joie, unis l’un à l’autre dans des rêves de bonheur. »
Dans ce court essai, Benoît Dubuisson se livre à des réflexions sur l'amour, le bonheur, la quête d’épanouissement personnel, notre perception de la vie, et nous rappelle ainsi quelques principes essentiels pour vivre mieux, avec soi-même déjà, avec les autres ensuite. Il nous guide à travers les multiples chemins possibles vers le bonheur de vivre, de l’envoûtement suscité par la rencontre amoureuse à l’ivresse de la passion qui soulève l’esprit, en passant par la liberté de penser et de rêver, le pouvoir de notre imagination, ou encore le « je t’aime » d’un père à son fils, la capacité à rire de soi et à créer du bonheur pour trouver la sérénité intérieure favorable à ces sentiments fugaces et merveilleux de bonheur et de plénitude auxquels nous aspirons tous.
Quelques réflexions censées qui nous apportent un peu d’espoir, apaisent notre esprit agité  et nous redonnent envie de croire au bonheur lorsqu’on l’a perdu de vue. Parce que le bonheur ne fait qu’aller et venir, telle la mer qui s’avance et se retire au rythme des marées. « La vie n’est faite que de rebondissements, alors sachez rebondir ! »
Une lecture qui fait du bien, qui se lit et se relit, comme on appliquerait une pommade sur une blessure pour l’aider à cicatriser.

Mélina Hoffmann
 Chronique publiée dans le BSC News Magazine de Mars 2012.

Interview Benoît Dubuisson


Bonjour Benoît, avant toute chose pourriez-vous nous dire quelques mots sur vous et votre parcours ?
Bonjour, merci de m'avoir invité, voici en quelques mots prétentieux le parcours qui a été le mien, tant les formations artistiques diverses et variés paraissent quelque peu égocentrique. C'est alors dans une nonchalance imbue d'elle-même que je vous dévoilerai les ficelles de ma personnalité !  Tout d'abord, j'ai étudié au collège lycée St jean de Passy en décrochant une mention bien au baccalauréat général. Ensuite, je suis rentré très vite dans les classes préparatoires aux grandes écoles, mais j'ai indéniablement compris que les classes obscures où chacun travaillait pour son avenir me faisait fuir à grands pas. Rebelle ? Oui, je l'ai été d'une manière presque insolente ! Mon niveau était bon mais j'ai pris le parti de ne pas passer les concours. Deux ans plus tard, et pour me racheter devant mes parents à qui je faisais honte, j'ai décroché une maîtrise de Mathématiques à Paris V. J'ai donc pu enseigner dans diverses écoles. De plus, étant cinéphile depuis longue date, j'ai étudié la comédie à l’École de Théâtre de Paris et eu plusieurs rôle dans 4 courts métrages mais je n'ai pas insister sur une éventuelle carrière puisque je ne trouvais pas d'agents sérieux et surtout que je n'avais vraiment cure de toute reconnaissance. Enfin et pour conclure, j'ai fait cinq ans de conservatoire en chant lyrique ce qui m'a permis de chanter dans des récitals ou dans productions d'opéras comme Don Pasquale de Donizzetti, par exemple, où j'avais le premier rôle.


Vous avez écrit plusieurs essais et recueils de nouvelles. Pourquoi le choix de cette forme courte ? N’êtes-vous pas tenté par le roman ?

En effet mes ouvrages sont des ouvrages de short stories ou tout simplement des essais. Votre question est donc bel et bien d'actualité puisque j'envisage d'écrire une autobiographie romancée, estimant avoir matière à écrire un livre de 400 pages tant l'émotionnel pendant quinze grandes années de ma vie fut d'une intensité démoniaque que ce soit dans les plaisirs, les sorties, les drogues et le suicide de ma sœur que j'ai retrouvé morte sur le macadam parisien. Depuis, elle hante toute mes nuits !
Quant à mes cinq ouvrages, ils sont tous empreints d'un vécu personnel s'évadant dans l'imaginaire.
Travaillant vite et étant de nature fainéante, j'ai opté pour des nouvelles et des essais courts.



Quels sont vos livres fétiches ? Les auteurs contemporains qui vous inspirent ?
Lorsque j'ai lu l'étranger de Camus à 15 ans je me suis véritablement reconnu dans le personnage de  Meursault : révolté et condamné à mort pour n'avoir pas pleuré pendant l'enterrement de sa mère.
Dans ma révolte contre la médiocrité qui faisait partie intégrante de mon caractère d'adolescent, je me suis découvert un nouveau Meursault taciturne.
En outre, j'aime beaucoup la période du 19ème, de Balzac à Zola en passant par Maupassant et Stendhal. Dans leurs livres, ces romanciers possédaient toute l'étendue de leur propre style léché et brillant. En effet, lire un écrivain du 19ème restera toujours pour moi source de grands plaisirs  délicieux tant sa prose sera ineffablement géniale à tout point de vue !
Dans les auteurs contemporains, j'aime beaucoup Camus, Céline, Mauriac, Proust, Hemingway et Scott Fitzgerald. De nos jours, deux paraissent au dessus de la mêlée: Beigbeder et d'Ormessson.


Dans votre premier ouvrage ‘A propos du bonheur’, vous dites : « (…) l’homme né seul et meurt seul. Il est face à lui-même tout au long de sa vie et s’il a le courage de se suffire à lui-même, il pourra prétendre à un bonheur presque indestructible. »  Le bonheur serait donc davantage dans l’indépendance plutôt que dans le partage et l’union ? Et l’amour dans tout ça ? Détruirait-il le bonheur autant qu’il le crée selon vous ?
Lorsque j'ai pondu « A propos du bonheur » à 25 ans, je l'ai écrit en deux semaines voire une.Tout simplement parce que j'étais sous l'emprise fiévreuse de l'inspiration et des conflits que je voyais tous les jours notamment celui qui existait entre mon père et ma sœur. C'est à partir de là que tout a commencé avec un bout de crayon et une feuille. Mon but s'avérait de montrer que les discordes n'avais pas lieu d'être puisque ce n'était que des micro-problèmes auxquelles j'assistais. En effet et sous l'emprise de l'inspiration, j'ai décrété que »l'homme était seul tout  au long de sa vie » puisque je pensais à juste titre que toutes nos pensées étaient intimement personnelles, donnant à chaque individu sa liberté de penser et par la même sa solitude puisque jamais vous ne pourrez stopper toute les idées cérébrales et même parasites.C'est pour cela que l'inconscient, là ou agit Dieu, nous  donne des joies et des peines intimement personnelles. Là est la grande solitude de l'être, à mon goût. Mais si vous avez la chance de partager vos joies et vos peines par le biais de l'amour ou du partage, vous pourrez inévitablement vous épanouir et tisser un lien sacré entre vos proches ou vos amis   puisque l'amour, la séduction, la vie entre amis ou la vie en communauté permet d'extérioriser ses moments où l'on est véritablement heureux  . L'union et l'amour, comme vous le disiez, sont donc indispensables au bonheur.


Quels sont vos projets à l’heure actuelle ?
J'aimerais finir mon autobiographie à New York avec mon frère. Il m'aidera, c'est chose certaine !


Retrouvez cette interview dans le BSC News Magazine de Mars 2012. 

23 mars 2012

Chronique 'Le silence de la peur'



Après trop d'années passées à subir en silence la violence de son mari policier, Marie Grace Winters vit désormais sous une fausse identité à Chicago avec son fils Tom. Au fil des années, elle tente de se reconstruire une vie et d'oublier ce passé douloureux dont son corps porte encore les marques. Mais, toujours hantée par la peur d'être un jour retrouvée par son bourreau, la jeune femme s'est toujours fermée à toute relation amoureuse qu'elle aurait été forcée de construire sur le mensonge.
Pourtant, lorsqu'un nouveau collègue, Max Hunter, commence à lui faire du charme, elle se laisse lentement apprivoiser par cet homme délicat qui semble deviner la blessure profonde enfouie en elle. Et si le temps était enfin venu de s'ouvrir à l'avenir et d'offrir sa confiance à un homme ? Sept ans après sa fuite, il lui semblerait avoir enfin trouvé en Max celui qui pourrait lui faire oublier son passé... Mais ce que Marie Grace ne sait pas, pas encore du moins, c'est que pendant ce temps, pas à pas, son ex-mari - plus redoutable que jamais - se rapproche dangereusement...
Nous suivons ainsi, en parallèle, l'histoire d'amour hésitante de Marie Grace, la traque sanglante de son ex-mari, et enfin l'enquête menée par la police et le FBI pour retrouver ce dernier. Autant dire qu'il est difficile de s'ennuyer !
C'est une histoire habilement construite, à mi-chemin entre thriller et romance, que nous propose ici Karen Rose. Une intrigue classique mais néanmoins prenante et convaincante, menée par des personnages attachants. Celle d'une femme courageuse et combative qui tente d'échapper à un passé qui la rattrape silencieusement et menace de faire voler en éclats la vie paisible qu'elle est parvenue à reconstruire aux côtés de son fils.
Tout comme l'héroïne de ce récit, on se surprendrait presque, à mesure que l'on progresse dans le récit, à lancer régulièrement un regard par dessus notre épaule pour s'assurer que l'ex-mari violent de Marie Grace ne nous suit pas ! La tension monte ainsi au fil des pages et nous tient en haleine d'un bout à l'autre, jusqu'à un dénouement moins prévisible qu'on l'aurait imaginé !
Un thriller qui tient ses promesses et révèle une auteure qui maîtrise parfaitement le genre !

Mélina Hoffmann
Chronique publiée dans le BSC News Magazine de mars 2012.