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Ma vie, c'est du bonheur à ne plus savoir qu'Enfer. Journaliste littéraire et culturelle pour le BSC News Magazine, je suis une passionnée, amoureuse de la vie et boulimique de mots. Ceux que je dévore à travers mes très nombreuses lectures, et ceux qui se dessinent et prennent vie sous ma plume. Je travaille actuellement à l'écriture d'un roman, d'un recueil de poèmes ainsi que d'un recueil de tweets. A mes heures perdues, s'il en est, j'écris des chansons que j'accompagne au piano. Mon but dans la vie ? Réaliser mes rêves. Work in progress... LES TEXTES ET POÈMES PRÉSENTS SUR CE BLOG SONT PROTÉGÉS PAR LE CODE DE LA PROPRIÉTÉ INTELLECTUELLE (COPYRIGHT).
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24 sept. 2012

Colors, un show haut en couleurs !


Vous cherchez un moyen efficace de lutter contre le blues et la grisaille du dimanche soir ? Direction le Théâtre du Petit Gymnase, à Paris, où vous accueille une palette de comédiens déjantés pour un show haut en couleurs !


Colors, c’est un spectacle vivant et complètement improvisé, dont le déroulement est remis chaque soir entre les mains du public qui choisit lui-même les thèmes à partir desquels improviseront les comédiens. Le principe est simple : dès votre arrivée, on vous demande de noter sur un papier un thème de votre choix ainsi qu’une sélection de couleurs. Puis, vous glissez votre papier dans une urne en vous demandant ce qui vous attend !
Avant de le découvrir et de vous laisser emporter par ce festival de couleurs, des élèves de l’EFIT (l’Ecole Française d’Improvisation Théâtrale dirigée par Esteban Perroy et Franck Porquiet) vous proposent un spectacle qui mérite tout autant le déplacement ! Je ne vous en dis pas plus, mais préparez-vous à un moment de franche rigolade ! On les garderait bien un peu plus longtemps sur scène d’ailleurs !
Mais il est temps pour nos cinq comédiens et comédiennes passionné(e)s de faire leur entrée dans les costumes de Miss/Mister Purple, Chrome, Ruby, Orange, Yelow, Bordeaux, Gold ou d’autres couleurs encore selon les soirs.
Et c’est au gré des thèmes proposés par… nous, spectateurs, et piochés au hasard dans la fameuse urne (vous vous souvenez !), que le spectacle s’écrit, dans une ambiance conviviale et chaleureuse (à tous les sens du terme d’ailleurs, car la température dans la salle monte très vite et très haut, soyez-en prévenus !).
Si votre thème est tiré au sort, comme ce fut le cas pour moi avec le thème « Demain j’arrête de… » !, vous aurez alors le privilège de choisir comment celui-ci sera décliné en écoutant les débuts d’improvisation proposés par trois des personnages de votre choix ! Parmi les différentes tonalités proposées et propres à chacun d’eux – drôle, caustique, dramatique, fantastique, absurde… - c’est vous qui décidez !
Mister Purple et les autres s’effaceront alors pour devenir les personnages, objets  ou concepts qu’ils incarneront. 
Et c’est presque essoufflés mais conquis que l’on quitte la salle 1h30 à 2h plus tard pour aller saluer nos hôtes d’un soir !
Des comédiens à l’imagination et à la générosité débordante, des improvisations multivitaminées, des rebondissements à n’en plus finir, de l’émotion, du partage, beaucoup d’humour, et en prime un invité mystère renouvelé chaque dimanche et qui intègre la troupe dans le rôle de Miss/Mister White le temps d’un spectacle : vous l’aurez compris, Colors, c’est un cocktail de bonne humeur qui vous fera, à coup sûr, oublier l’arrivée du lundi matin !
Mélina Hoffmann

Retrouvez ‘Colors’ tous les dimanches à 20h45 au Théâtre du Gymnase (Paris 10ème).
Et pour plus d’informations : le site Internet du spectacle www.colorsimpro.org

Article publié dans le BSC News Magazine de Septembre 2012 (pages 129-130)

Esteban Perroy, une rencontre colorée !



A la suite d’une représentation, Esteban Perroy - créateur, producteur et metteur en scène du spectacle Colors, aux côtés de Franck Porquiet - a accepté de se prêter au jeu de l’interview pour le BSC News Magazine. Une rencontre forcément colorée, à l’image de cet homme drôle, passionné et chaleureux !


Esteban bonjour ! Pour la sixième année consécutive, Colors investit la scène du Théâtre du Gymnase à Paris chaque dimanche soir, devant un public toujours aussi conquis. Aviez-vous imaginé un tel succès ?

On espère, on fantasme toujours secrètement le succès d’un spectacle. Mais il ne suffit pas d’avoir de la chance pour que cela arrive. Il faut d’abord une communication efficace autour de l’évènement. Mais surtout, pour qu’un spectacle fonctionne il doit apporter quelque chose au spectateur : de l’émotion, de la générosité, du partage, de la bienveillance, bref de l’humanité ; lui offrir la possibilité de s’échapper des problèmes de son quotidien, le surprendre. On voit notamment à Paris des spectacles qui fonctionnent mal malgré d’importants moyens financiers déployés et de grosses têtes d’affiche, pour la simple raison que les spectateurs n’y trouvent rien de tout cela. Pour provoquer l’acte d’achat le spectacle doit être formellement attractif, mais si le fond ne suit pas, les critiques seront d’autant plus dures et le bouche-à-oreille désastreux.

Est-ce que nous avions prévu ce succès ? Non. Mais nous l’espérions c’est certain, et nous nous donnons les moyens qu’il continue d’être au rendez-vous les prochaines années. Quand un spectateur nous dit en sortant que le spectacle était « sympa », c’est certainement que de notre côté nous n’en sommes pas satisfaits. Nous allons alors débriefer pendant une heure avec l’équipe pour savoir ce qui n’allait pas. En revanche, si les spectateurs l’ont trouvé « génial, merveilleux, fantastique, incroyable…» nous nous octroyons un peu d’apaisement en se disant que « ce soir, on a fait notre job ». Nous voulons que les gens sortent éblouis, enjoués, qu’ils n’aient qu’une seule envie : revenir la semaine suivante parce qu’ils auront partagé avec nous un moment où ils auront ri, où ils se seront sentis bien, où ils auront eu un peu foi en l’humanité. C’est peut-être prétentieux mais l’objectif reste de transmettre du bonheur et de joie de vivre à des spectateurs qui nous font l’honneur de payer pour venir nous voir.

Comment en êtes-vous venu à l’improvisation ? Pourquoi ce choix ? 

J’ai rencontré l’impro par hasard il y a 20 ans. J’étais en école de commerce à Grenoble, et il m’a fallu choisir entre trois matières optionnelles : graphologie, improvisation ou psychologie de l’acheteur. Etant plutôt grande gueule, je me suis dit que j’allais prendre impro pour cartonner. Grossière erreur, j’ai morflé pendant plus de 10 ans ! Dès lors il m’a fallu me battre contre moi-même, mon ego et mes certitudes. Parce qu’être grande gueule, dans l’impro, ça ne marche pas. C’est une discipline qui nécessite avant tout de la générosité, l’écoute et la curiosité de l’autre, beaucoup de respect et de l’abnégation. J’avais beaucoup de problèmes à résoudre avec moi-même à l’époque, et autant dire que j’étais loin de posséder toutes ces qualités. L’impro m’y a beaucoup aidé. Aujourd’hui, je suis heureux grâce à ça, et j’en ai fait ma vie.

 
Comment aborde-t-on une improvisation ? Y a-t-il des règles à respecter ? Des codes entre les comédiens ?

L’impro est une discipline artistique à la fois intellectuelle, physique et très ludique.
Attention je ne parle pas du match d’impro qui est une forme spécifique de spectacle avec des règles précises. J’évoque la matière improvisation en général. Il n’y a pas de codes ni de règles, mais plutôt des techniques. Savoir écouter l’autre, apprendre à rebondir sur ce qu’il va proposer ou faire, travailler son imaginaire pour construire en temps réel, et sa mémorisation pour assurer la cohérence de l’histoire, des lieux, des accessoires créés, accepter de lâcher prise pour favoriser la spontanéité et la surprise… On y ajoute la partie théâtrale : être capable d’inventer et incarner un personnage, avec son visage, son corps, sa voix. Il peut s’agir d’hommes, de femmes, jeunes ou vieux, d’un animal, d’un objet, même d’un concept ; comme la mort est par exemple représentée par une faucheuse, je peux incarner le concept du mensonge, l’air du temps, etc.
Il faut travailler de nombreuses années sur l’énergie et l’incarnation de ce que l’on va faire avec son corps, sa voix, son visage, sa respiration, la manière dont on va s’ancrer dans le sol… Enfin, il y a la technique pure liée à l’improvisation, à savoir la capacité à constituer un nœud dramatique dans une histoire, à rebondir sur les propositions de l’autre et à renoncer parfois à une idée si la proposition de l’autre ne s’y prête pas.
Il faut que les spectateurs et vos partenaires de jeu croient en les personnages qu’ils voient, qu’ils oublient les comédiens.  C’est essentiel.

Vous participez au spectacle en tant que Mister Purple. J’allais vous demander pourquoi vous aviez choisi cette couleur, mais en voyant la coque de votre Iphone (qui est violette), j’ai une petite idée !

Oui ! (rires) Je peux vous montrer mon porte-monnaie aussi si vous voulez… Même mes chaussettes mais bon... !
J’ai toujours été fasciné par les couleurs, j’aime cette notion d’embrasement, de prismes, d’explosion de couleurs, de lumière que l’on retrouve dans chaque spectacle.
Et le violet a toujours été ma couleur préférée, alors quand nous avons choisi les couleurs je me suis dépêché de choisir la mienne pour qu’on ne me la prenne pas !

Chaque dimanche vous recevez un invité spécial, généralement un comédien, qui endosse le costume de Miss ou Mister White aux côtés des autres comédiens. Quel est votre souvenir le plus marquant ? L’invité qui vous a le plus surpris ? 

Nous avons eu beaucoup d’invités merveilleux. Je pense notamment à Bérénice Béjo, Nicolas Briançon, Isabelle Mergault, ou encore Michel Boujenah qui a fait preuve d’une générosité et d’une incroyable énergie sur scène.

J’ai une anecdote qui remonte à une quinzaine d’années. Je venais de découvrir le film d’Olivier Dahan ‘Déjà mort’, dans lequel il y avait notamment Benoît Magimel, Romain Duris et Zoé Félix. Ce jour-là j’ai eu un coup de cœur pour Zoé Félix. L’année dernière elle est venue jouer dans Colors. A la deuxième impro, j’étais allongé à moitié mourant sur une île déserte, et elle m’a fait du bouche-à-bouche pour me réanimer – je n’avais rien demander à personne ! J’étais tellement ému que je suis resté scotché (ce qui n’a pas manqué de faire réagir les spectateurs). Nous étions en état de jeu, je n’étais pas conscience de la scène en tant que moment réaliste, je n’ai absolument pas profité de la sensation de ce baiser. Et puis, je savais que son compagnon était dans la salle donc ça n’aurait pas été très classe ! Voilà, c’était un moment incroyable, mais en même temps j’ai loupé le coche, je m’en veux un peu. (rires)


Un autre très bon souvenir : un soir, le comédien qui était prévu pour jouer le rôle de Mister White a annulé sa venue à la dernière minute.  La salle était pleine, le spectacle était sur le point de commencer, et nous n’avions pas de Mister White. Et là, le régisseur du spectacle remarque la moto de Vincent Moscato – ancien international de rugby français, animateur radio sur RMC et comédien - garée devant le café d’à côté. A l’époque je ne le connaissais pas personnellement mais je savais qu’il faisait du théâtre et des one-man. Je suis allé le voir direct. Il était avec sa femme et son enfant, il ne savait pas qui j’étais, je lui ai expliqué la situation et mon problème technique en dix secondes… et il a dit « ok » ! On lui a commandé une pizza à l’arrache qu’il a englouti en trois minutes avant le lever de rideau…
La soirée a été magique ! Il n’avait jamais fait d’impro de sa vie, il n’a pas eu le temps de se mettre la pression et était donc en lâcher-prise total ! Il a été extraordinaire et nous avons passé un moment inoubliable. L’un des plus beaux Colors sans doute.


Et qui aimeriez-vous recevoir ? 

José Garcia, Marina Foïs, et le must du must serait Benoît Poelvoorde.
Benoît si tu lis ces lignes, je te veux, tu es notre héros ! Nous t’offrons deux heures de lâcher prise totale sur la scène d’un merveilleux théâtre, tandis que 800 vierges aux yeux de nacre scanderont ton nom et que des cascades de miel et de myrtes couleront à tes pieds. Appelle-moi, facebook–moi !
 
La sixième saison de Colors nous réserve-t-elle quelques surprises ?

Absolument ! (Silence)

Nous n’en saurons donc pas plus !

Et bien non, c’est le principe de la surprise ! (rires)
Pour le moment, je peux néanmoins vous dire que nous aurons dans les mois à venir notamment la visite de Michèle Laroque et Arthur Jugnot.
Et peut-être une énorme surprise en janvier…

Quels sont vos projets pour les mois à venir ? D’autres spectacles en préparation ?

Je continue à donner, presque chaque soir, des cours à l’école française d’impro que je dirige avec Franck Porquiet qui est aussi le co-producteur de Colors et un partenaire de scène de longue date.
J’ai des projets cinéma, notamment une comédie que j’ai co-écrite et qui sera produite l’année prochaine, ainsi que deux films prévus en tournage pour 2013.
Un recueil de nouvelles devrait voir le jour courant novembre, intitulé ‘Contes de la Blanche-Nuit’ et illustré par Nicolas Perruchon, avec une dizaine d’histoires aux univers variés.
Et puis côté théâtre, vous me retrouvez les dimanches soir au Gymnase pour Colors. Et également les vendredis et samedis soirs au Palais des Glaces pour ‘La Boîte de Pandore’, un spectacle plus intimiste avec seulement deux ou trois comédiens sur scène, des improvisations plus longues et un univers assez hilarant et très onirique.

Quelle question auriez-vous aimé que je vous pose ?

Que faites-vous ce soir ?

Et que m’auriez-vous répondu ?

On va boire un Mojito Framboise ?

Propos recueillis par Mélina Hoffmann

Retrouvez les dernières actualités d’Esteban Perroy sur son site Internet :


Interview publiée dans le BSC News Magazine de Septembre 2012 (pages 122-128)

17 févr. 2012

L'interviewée, c'est moi !

C'est habituellement moi qui fait les interviews, pose les questions, rédige des portraits, mets les artistes talentueux en avant... That's my job !

Et pourtant.. Pour la première fois, j'ai été gentiment invitée par le chroniqueur Clément Châtain à passer de l'autre côté du rideau ! Une surprise aussi belle qu'inattendue !

Moi qui croyais ça facile de répondre à des questions qu'on nous pose sur nous, du genre "Comment es-tu devenue chroniqueuse littéraire et pourquoi ?" ! Ah ça oui, c'est facile ! Si si, je vais te répondre Clément, tu vas voir, c'est facile !..
En moins de dix pages ??! Hum.. Ah oui.. ça devient moins facile tout de suite ! Tu es sûr que tu ne préfères pas que ce soit moi qui pose les questions plutôt ?! ;)

Bon, trêve de plaisanterie, la tâche ne fut pas si simple que je l'avais imaginée, mais c'est avec une immense excitation et l'ivresse qui caractérise toutes les premières fois, que je me suis prêtée au jeu ! Et c'est avec un immense plaisir que j'ai découvert, et que je vous laisse découvrir à votre tour, les 11 pages (rien que ça !?!) qui me sont consacrées dans le numéro de février de La revue 100% Auteurs.

Un portrait, un poème , un portrait chinois ainsi qu'une interview... de moi donc (!) sont  découvrir en pages 11 à 22.

Un grand merci à Clément Châtain et Marie Barrillon, deux personnes d'une gentillesse et d'une générosité sans limite, qui croient en moi et me soutiennent dans toutes mes initiatives littéraires.
Et merci à vous, qui me lisez et donnez vie à mes mots.

21 janv. 2011

Pour vous souhaiter une belle année...

En ce début d’année, l’heure est aux bilans en tous genres ! Avant même d’embarquer pour une nouvelle destination inconnue, ne serait-il pas, pour chacun de nous, l’occasion de faire une petite analyse de cette année écoulée ? Un petit état des lieux de notre âme ?
Allez, retournez-vous quelques instants et demandez-vous : combien de journées passées à rire ? A pleurer ? A rêver ? Quel pourcentage de moments de bonheur ? De colère ? De peine ? De doute ? Combien de mots d’amour prononcés ? Combien d’autres qui n’ont pas franchi la barrière de vos lèvres ? Combien de maux aussi, imposés par la solitude du cœur ? Avez-vous trouvé le bonheur ? Ou l’avez-vous égaré en chemin alors que vous étiez sur le point de le toucher du doigt ?... Car oui, le bonheur est sauvage, insaisissable et tellement fragile qu’il s’enfuit dès qu’il entend le bruit de nos pas, s’évanouit dès qu’il se sent un peu trop présent, éclate telle une bulle de savon lorsqu’on tente de le capturer.
Mes propres pourcentages vous feraient peur, ou peut-être pas finalement. Peut-être vous y retrouveriez-vous. J’ai un secret à vous confier : je crois que 2010 s’est payé ma tête !
Ah ça oui, elles étaient belles ses promesses d’espoirs, de nouveaux départs, de bonheurs, de réponses à mes interrogations les plus profondes… Mais, que dire au terme de ces douze mois passés avec 2010…
Des bonheurs ? J’en ai eus, bien sûr, à la pelle même ! De ces instants qui rendent la vie infiniment plus belle, plus douce, plus précieuse. Mais toujours dans leur sillon ces moments de tristesse et d’effondrement qui font couler bien trop de ces perles salées le long de nos joues.
Des espoirs ? Évidemment, j’en ai nourris des tonnes ! De ceux qui font pétiller les yeux et apprécier l’orage en plein été! Mais tous déçus.
Mon cœur s’est perdu, cherché, trouvé puis finalement brisé. Quelques cicatrices de plus, mais toujours aucune ride. Mon cœur est un guerrier.
Alors il est grand temps de faire tes valises 2010 ! Sans regret. Et emmène avec toi ton manque d’empathie, ta dureté, et tes coups qui m’ont blessée jusqu’à presque me mettre à terre. Presque je dis bien. Car derrière toutes mes larmes se cachent bien trop de courage pour me laisser abattre, bien trop de sourires pour ne plus croire que la vie est belle, bien trop d’espoirs pour renoncer à tous ces soleils qu’abritent les nuages.
Ressort-on plus fort de toutes ces épreuves? Je ne crois pas non… Et j’ai bien peur de vous décevoir et de vous priver de votre plus cher alibi, mais on n’apprend pas de ses erreurs. Chaque situation est nouvelle, et chaque bonheur, déception, ou échec l’est donc aussi. Parce qu’à chaque instant de notre vie, nous sommes différents de ce que nous étions l’instant précédent, portés par le courant du temps qui passe et de nos expériences. Pour preuve, n’avez-vous jamais essayé de revivre un moment de bonheur passé ? Et n’avez-vous alors pas été déçu de constater que rien ne peut ramener un souvenir au présent ? Une fois passé, le bonheur est perdu, à jamais. Même les souvenirs que nous en avons ne sont pas à la hauteur.
Alors, soyons lucides quelques instants : non, nos blessures ne nous rendent pas plus forts. Bien au contraire, elles nous affaiblissent, on en ressort meurtris, et chaque nouvel échec nous fait toujours aussi mal. C’est ainsi.
Mais retenez surtout une chose : on en ressort en vie ! Et c’est surement là l’essentiel. Tant que nous souffrons, que nous luttons, que nous pleurons, c’est que nous sommes vivants et que nous pouvons encore aller conquérir de nouveaux bonheurs ! Aucun cadeau n’est finalement plus précieux que celui-là. Et puis, ces moments de profonde tristesse ne rendent-ils pas nos instants de bonheur encore plus beaux ? Plus intenses ? Si le malheur s’installe parfois dans nos vies, c’est simplement pour permettre au bonheur de se reposer un peu.
Alors, malgré tout, merci 2010 ! Car grâce à toi, je suis en vie ! Et que 2011 se tienne à carreau, car je compte bien partir à la conquête de mon bonheur, quels que soient les obstacles qu’elle tentera de mettre sur ma route ! Et vous ? En ferez-vous autant ?
A vous que j’aime - famille, amis, et autres trésors que la vie a déposés sur ma route - et à vous tous, qui vous attardez quelques instants sur ces lignes que 2010 m’a inspirées, je vous souhaite une belle et douce année. Que chaque journée soit remplie de rires, d’amour, de joie, de couleur et de poésie. Et si par malheur vous croisez une journée un peu sombre, souriez-lui, et vous verrez qu’elle s’illuminera.
Ne cessez jamais d’espérer. Car c’est dans l’espoir et dans les rêves qui l’accompagnent que se trouve le bonheur ; à la portée de chacun de nous.
Et surtout, surtout, ne cessez jamais d’aimer, quoi qu’il vous en coûte. Car la vraie richesse est celle du cœur.

« Chaque instant est bonheur à qui est capable de le voir comme tel. » Henry Miller

Mélina Hoffmann

23 avr. 2010

Interview Balimurphy

Interview publiée dans le BSC News Magazine du mois de mars.



Avril 2009. Par une belle journée ensoleillée, je déambule dans les allées bondées du Printemps de Bourges, un Festival musical qui se déroule chaque année à cette période. L’occasion pour de jeunes talents de se faire connaître grâce à une large programmation dans les bars et à plusieurs scènes ouvertes disséminées à travers la ville.

Ce jour-là, je m’attarde quelques instants devant un groupe de musiciens à l’enthousiasme contagieux, qui s’est littéralement emparé de la scène devant un public conquis. Incapable de détourner mon attention, je me laisse porter par la poésie de leurs textes et la puissance envoutante de leurs mélodies folck-rock, portées - entre autres - par l’humeur mélancolique d’un violon et d’un accordéon. Cette rencontre un coup de cœur immédiat !
Quand vient l’heure pour eux de céder la scène aux artistes suivants, il est hors de question pour moi de les laisser partir comme ça. J’en veux plus ! Je me précipite donc pour acheter l’un des quelques exemplaires de leur CD qu’ils ont emmenés avec eux de Belgique, et échanger quelques mots avec eux. J’apprends alors que Balimurphy - c’est ainsi que se nomme le groupe, n’en est pas à son premier album et a déjà fait ses preuves sur la scène belge. Et pour preuve : le groupe fête ses dix ans, rien de moins ! Il n’arrive pourtant que cette année en France… Cherchez l’erreur !
J’interpelle le chanteur du groupe : « Votre musique est formidable ! Mais comment se fait-il qu’on ne vous connaisse pas en France ?! »
« On arrive ! » me répond-il avec le même enthousiasme que je lui découvrais quelques instants plus tôt sur scène. Je leur souhaite tout le succès qu’ils méritent avant de les laisser avec la foule qui fait la queue derrière moi, mon précieux CD entre les mains…

Un an a passé, et leurs chansons passent toujours en boucle dans mon MP3.

Balimurphy, ce sont des textes à la saveur aigre-douce, délicieux mélange de tristesse, de mélancolie, de lucidité, mais aussi d’humour, de joie de vivre et d’un optimisme teinté d’amertume. Des airs qui nous restent dans la tête, dont on ne se lasse pas. Ce sont des musiciens fantastiques qui vivent leur musique avec une passion qui vous hypnotise. C’est aussi une voix envoûtante, celle de Cédric, qui transpire le vécu, la sensibilité.
A travers des thèmes comme le progrès, le diktat de l’apparence, la rupture, la maturité… ils se font les critiques poétiques du quotidien.
Après être retournée les applaudir lors d’un concert à Paris en octobre dernier, je me suis promis de faire connaître ce groupe sympathique au talent incontestable et à l’énergie débordante, future figure incontournable de la scène française. C’est en tous cas tout le mal que je leur souhaite.
Leur album Poussières, sorti le 8 mars dernier en France, fait du bien. Il détend, redonne espoir, fait rêver et soulage les maux de l’âme. Ne vous en privez pas, dépendance assurée !

Mélina Hoffmann

INTERVIEW

BaliMurphy bonjour ! Vous vous apprêtez à conquérir la France avec vos mélodies folk-rock envoûtantes, après avoir séduit la Belgique, où vous êtes devenus incontournables ! Dans quel état d’esprit abordez-vous la scène musicale française ?
Nous abordons tout cela de façon très positive! Pas spécialement parce que c'est la France, mais surtout parce que nous allons pouvoir voyager ensemble par et pour la musique. Nous accordons énormément d'importance aux rencontres et aux échanges. Il nous semble primordial de se nourrir de toutes ces expériences pour grandir musicalement et humainement parlant. On se dit souvent qu'il est important de « vivre des choses » et quoi de plus excitant que le voyage pour s'accomplir?


Votre album
Poussière sort le 8 Mars prochain. Ce sera votre première rencontre avec le public français. Il ne s’agit pourtant pas de votre premier album… Racontez-nous un peu votre parcours.
Un parcours de dix ans n’est pas simple à résumer : plusieurs formules, avec une structure plus claire depuis 5 ans, des rencontres musicales, des albums autoproduits (« la Valise », « L’homme descend du tram »), avec les moyens du bord jusqu’à cette première production professionnelle pour l’album « Poussière ». Nous évoluons à notre rythme, avec des défis autres que la musique pure : vidéos, décors etc. et un attrait particulier pour la scène, qui est notre lieu de prédilection.
Pourquoi « BaliMurphy » ?
Quand nous avons commencé à faire de la musique ensemble, c'était d'abord comme ça, pour le plaisir, car il nous semblait important de nous retrouver et d'essayer de créer quelque chose. Puis arrive un premier concert et la question du nom se pose. Nous nous sommes accordés sur BaliMurphy qui fait référence à un quartier de Belfast qu'un de nos anciens musiciens venait de visiter et qui l'avait particulièrement marqué.
Quelles sont vos influences musicales ? J’ose avancer Debout sur le zinc, dont les sonorités et la rythmique sont assez proches des vôtres, je me trompe ?
La question des influences est assez vaste... Bien sur nous faisons de la chanson française avant tout, donc forcément nous avons des liens certains avec toute cette famille actuelle comme les Debout sur le Zinc, les Têtes Raides, les Ogres de Barback ou encore la Rue Ketanou. On ne peut évidemment pas passer à côté des grands noms de la chanson comme Brel, Brassens ou Gainsbourg qui planent inévitablement au dessus de nous et qui nous inspirent par leur parcours, leurs textes et leur personnalité. Mais ce qui est magique en musique c'est qu'on peut s'inspirer de tout! Il faut être curieux, sans cesse... Chaque style de musique a ses forces et on peut aussi bien s'inspirer d'une mélodie pop rock, du texte d'un rappeur que d'un riff de guitare d'un groupe malgache. Nous sommes six musiciens, six personnalités avec des goûts et des sensibilités différentes et nous passons beaucoup de soirées à nous faire découvrir ce qui nous touche.
« Tout le monde s'arrache un monde en toc », « Elle est plus belle sans moi », « Ma confiance en l’avenir se résume un peu au néant »… Si vos textes mêlent habilement tristesse, lucidité, humour et optimisme, ils révèlent toujours une sensibilité à fleur de peau. Vous identifiez-vous à travers vos textes ? Où prenez-vous votre inspiration ?
Nous ne choisissons pas les thèmes que nous allons aborder, ils s’imposent à nous naturellement. Nous parlons de ce qui habite nos pensées et notre réflexion au jour le jour. Alors bien sûr, le fait de parler librement de la mort et de l’absurdité de la vie nous semble primordial. D’autant que nous trouvons que ce sont des thèmes qui sont trop souvent écartés.
Vous hésitez beaucoup j’ai l’impression! Le train, la marche à pied ? La poste ou Internet ? Vous partez, vous restez ? La drogue, le rugby ? (ndlr : J’hésite encore extrait de l’album Poussières) Avez-vous trouvé quelques réponses depuis ?!
Nous vivons dans un monde de fausse abondance, de potentiel frustrant, et ce sentiment s’accroit de jour en jours. Les questions s’accumulent, et les réponses et certitudes s’éloignent. Cette hésitation est aussi une position de vie qui empêche l’immobilisme et accepte la complexité de l’existence. Avec ce que cela entraîne comme angoisse, inévitable. Vive les questions, et attention aux réponses…
Dans la chanson Mademoiselle Coco [NDLR « C’est pas moi que tu regardes dormir, avec qui tu veux te réveiller / J’suis pas ton pari sur l’avenir, juste un moment abandonné / Tu dis où, tu dis quand, tu dis dégage et puis reviens… »], l’un de vous avait-il des comptes à régler ?!
Bien entendu ! Mais comme dans ces conversations que l’on ressasse plus tard, lorsque l’on n’a pas su trouver les mots sur le moment, on se donne les bonnes répliques, le bon rôle. Nos chansons s’inspirent de nos vies, mais le processus inverse existe aussi : les chansons sont lues, chacun y entend ce qu’il souhaite. Elles échappent à notre contrôle.
Vous abordez avec beaucoup de conviction le thème du progrès et on vous sent plutôt réticent à ce sujet ! « On n’arrête pas le progrès », « Tout le monde s’achète un monde en toc », « Tout le monde vit, ou plutôt surnage » Pensez-vous que le progrès nous dépasse et nous plonge dans un monde de plus en plus artificiel ? Qu’il nous mène en quelque sorte à notre propre perte ?
Cela prolonge la question de l’hésitation. Faut-il revenir en arrière ou foncer en avant ? Ni l’un ni l’autre bien sûr, mais pas besoin d’être philosophe ou sociologue pour comprendre que les idéologies aveugles du progrès, de la croissance, sont devenus de véritables religions. La réflexion à long terme n’existe plus. On tente juste d’apporter notre interprétation à cette problématique énorme. Quant à l’artificiel, pas besoin non plus d’être grand clerc : l’homme et la planète qui l’a engendré sont pratiquement en instance de divorce !
Quels thèmes aimeriez-vous aborder dans vos prochaines compositions ? Et en est-il que vous vous interdisez ?
Certainement pas, mais on évite les sujets « bateau » ou trop anecdotiques. La démarche poétique, ouverte, reste de mise. Il s’agit d’ouvrir un monde, un univers. Mais comment éviter le sujet récurrent de l’intérêt de la vie et de la finalité de la mort ? ou encore de l’éclatement des rapports humains ?
Quels sont vos projets à l'heure actuelle ?
Nous avons toujours eu et nous aurons toujours des projets. C'est très important à nos yeux d'avoir continuellement un objectif en ligne de mire. A l'heure actuelle, bien sur, nous nous préparons pour les quelques tournées que nous allons faire en France et en Suisse, mais à côté de ça, nous travaillons déjà sur le prochain album et nous essayons, avec l'équipe qui nous entoure, de voir ce qui pourrait se faire dans d'autres pays comme le Canada ou l'Europe de l'est.

Une anecdote à partager avec nos lecteurs ?
Le bonheur complet suivit de la douche froide la plus terrible qu'on ai jamais eue... il y a quelques années, nous avons organisé notre toute première tournée. Nous avons cassé notre tirelire, acheté notre première camionnette, et nous sommes partis quinze jours en France. Ce furent des moments qui resteront gravés à jamais dans nos mémoires. Nous avons joué où on voulait bien de nous, sur les places, les campings, les boîtes de nuit, etc. Il faisait beau, il faisait chaud, nous logions dans une maison à quelques centaines de mètres de l'océan... Nos premières vacances payées par la musique!. Puis nous sommes rentrés chez nous, des souvenirs plein la tête. Quelques jours plus tard, après une série d'orages et de pluies torrentielles, nous nous sommes retrouvés dans notre local de répétition pour bosser un peu... un mètre vingt d'eau, une guitare qui flotte, les amplis remplis de boue. On a passé les trois jours suivants à démonter minutieusement notre matériel, à tout passer sous un jet d'eau claire pour nettoyer, puis a tout sécher, pièce par pièce, au sèche-cheveux. Heureusement, nous avons pu récupérer une bonne partie et pour le reste, on s'est fait plaisir, on a emprunté un peu d'argent et nous avons racheté le matériel qui nous faisait envie! On s'était endetté pour les 5 ans à venir mais il fallait qu'on le fasse, c'était impensable pour nous de tout perdre comme ça!
Quelle question auriez-vous aimé que je vous pose ?
Ça roule ?
Que m’auriez-vous répondu ?
Nickel !
Voilà qui est fait !
Merci Balimurphy !

Propos recueillis par Mélina Hoffmann pour BSC News Magazine

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