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Ma vie, c'est du bonheur à ne plus savoir qu'Enfer. Journaliste littéraire et culturelle pour le BSC News Magazine, je suis une passionnée, amoureuse de la vie et boulimique de mots. Ceux que je dévore à travers mes très nombreuses lectures, et ceux qui se dessinent et prennent vie sous ma plume. Je travaille actuellement à l'écriture d'un roman, d'un recueil de poèmes ainsi que d'un recueil de tweets. A mes heures perdues, s'il en est, j'écris des chansons que j'accompagne au piano. Mon but dans la vie ? Réaliser mes rêves. Work in progress... LES TEXTES ET POÈMES PRÉSENTS SUR CE BLOG SONT PROTÉGÉS PAR LE CODE DE LA PROPRIÉTÉ INTELLECTUELLE (COPYRIGHT).

24 juin 2012

Interview Julia Germillon

Julia Germillon, auteur du roman 'Funambules' (voir chronique ci-dessous), s'est prêtée au jeu de l'interview pour le BSC News Magazine. 
Rencontre avec une jeune femme aussi passionnée que passionnante. 


Bonjour Julia. Tout d’abord pouvez-vous nous dire quelques mots sur vous, votre parcours, vos passions ?
Adolescente, je voulais être comédienne et j’ai d’ailleurs débuté ma carrière professionnelle dans le milieu du théâtre mais rapidement ce monde m’a déçue et puis ça ne payait pas. Je me suis naturellement tournée vers l’écriture et j’ai écrit et monté ma première pièce en 2008 à Paris, puis mon premier roman Funambules en 2009 (qui n’a été édité qu’en 2012). 

Entre-temps, j’ai enchaîné différents boulots, dans la musique, l’édition… Parallèlement, j’ai animé des ateliers de théâtre et d’expression corporelle auprès d’enfants. Je suis également partie au Pérou et en Inde pour suivre cette direction. Aujourd’hui, je suis une formation pour être art-thérapeute et j’ai vraiment l’impression d’avoir trouvé ma voie. Et bien sûr, je continue à écrire !

Funambules marque vos premiers pas dans la littérature. Comment est née l’idée de ce roman ? Pourquoi Paris ? Pourquoi Berlin ? Entretenez-vous un rapport particulier avec ces deux villes ?
L’idée est venue toute seule. J’ai commencé à écrire et me suis retrouvé plongée dans l’univers de Funambules. Je ne réfléchi pas vraiment à ce que je vais écrire, c’est plutôt en écrivant que les idées viennent, que les personnages se dessinent, que l’ambiance se créé. L’écriture me surprend !
Paris est la ville dans laquelle j’habite. Je me demande encore pourquoi j’ai choisi de faire évoluer mes personnages ici car cette ville me lasse souvent, m’insupporte même parfois. Je vis ici parce que j’aime être près de mes proches. Ceci dit, c’est le Paris des années 1990 que je décris et non celui de 2012. En revanche, j’ai un réel attachement pour Berlin. J’y ai habité il y a quelques années et j’ai eu le coup de foudre ! Je suis franco-allemande donc l’Allemagne en général fait partie de moi. Son histoire et sa culture me touchent.

Partir pour recommencer à zéro, pour réécrire l’histoire de sa vie, pour l’habiter enfin, c’est l’un des thèmes essentiels que vous évoquez au travers de votre roman. Nourrissez-vous un secret désir d’ailleurs ?
J’ai toujours rêvé d’ailleurs : un « ailleurs » qui signifie « voyager » mais aussi (et surtout) un « ailleurs » qui évoque un « changement d’univers » tout en restant dans le même lieu géographique. Je pense l’avoir fait en changeant régulièrement de milieu, en prenant certains risques pour faire ce que je sentais vraiment, ce qui était juste pour moi. Mais je trouve aussi que c’est important de savoir vivre ici et maintenant et de ne pas que rêver « d’ailleurs ». Si on passe sa vie à se projeter et à s’imaginer dans une vie meilleure, on risque de passer à côté de l’essentiel.

Il est également beaucoup question de ce besoin qu’ont beaucoup de gens de se construire un monde parallèle, un monde à eux dans lequel ils se réfugient pour y trouver du réconfort. Pensez-vous que l’espoir peut finir par user ? 
Par rapport à cette idée de « monde parallèle », je dirai la même chose que précédemment : se réfugier oui mais passer à côté de sa vie c’est dommage. Mais parfois, on ne peut tout simplement pas faire autrement, la douleur est trop forte et se réfugier est le seul moyen de survivre. Il faut juste espérer qu’on arrive à sortir à nouveau de son petit cocon. Parfois c’est aussi quand on se frotte à l’inconnu ou au danger qu’on évolue enfin.
L’espoir peut user, oui ! Comme je disais, parfois on passe sa vie à espérer, à rêver à une vie meilleure et on en oublie de vivre et de profiter de l’instant présent. Mais vivre sans aucun espoir, je ne sais pas si c’est possible. Je suis quelqu’un de très positif et j’ai réellement confiance en la vie. Sans cette confiance, beaucoup de prises de risque et de décisions auraient été impossible à prendre pour moi.

Le titre de votre roman, ‘Funambules’ évoque parfaitement l’instabilité de vos personnages, vacillant tout au long du récit comme sur un fil, entre illusions et réalité. Vous sentez-vous proche de l’un d’eux ? Et alors, si vous perdiez l’équilibre, de quel côté tomberiez-vous plutôt ?
Oui je me sens très proche d’eux. Sans vraiment leur ressembler, j’ai l’impression d’avoir ressenti à un moment ou à un autre leurs peurs, leurs angoisses, leurs espoirs et leurs rêves. Et puis, comme eux, j’ai souvent cherché ma place dans la société. Je ne me sentais pas bien dans certains emplois par exemple tout en ne sachant pas forcément vers où aller. C’est une sensation vraiment désagréable et puis le fait de voir d’autres gens s’adapter si facilement à la vie, se satisfaire du rythme « métro boulot dodo » sans se poser de questions, nous fait sentir encore plus seul. Au final, il suffit de s’écouter, de se faire confiance et surtout d’oser. C’est ce que j’ai fait et c’est ce que mes personnages font. Ne pas écouter l’avis des gens, se défaire de leur regard… les « autres » auront toujours quelque chose à redire, mais cela ne devrait avoir aucun impact sur notre vie.
De quel côté je tomberais ? Impossible à dire… il n’y a pas de bon ou de mauvais côté, la vie nous fait parfois basculer dans l’illusion parce que c’est plus commode et parfois dans la réalité parce qu’on en a la force.

Votre livre est une véritable caverne d’Ali baba pour mélomanes ! Entre Brian Adams, Nirvana, Pearl Jam, Serge Gainsbourg ou encore Téléphone, les références musicales – plutôt rock – sont omniprésentes tout au long du récit. Pourquoi ce désir d’accompagner votre roman d’une bande-son ?
J’ai toujours été accompagnée par la musique. Dès 12 ans, j’avais mon walkman dans ma poche et les écouteurs autour de mon cou près à être utilisé. Puis ce fut un discman et aujourd’hui c’est mon lecteur mp3 que je trimballe partout. La musique est très importante pour moi. Elle me calme, m’inspire, me fait vibrer et j’écris toujours en musique !
J’aime beaucoup mélanger les arts aussi. Lorsque j’avais mis en scène ma pièce de théâtre, j’avais demandé à des musiciens d’assister aux répétitions, de composer la musique et de venir jouer sur scène lors des représentations. De la même manière, je trouvais cela intéressant d’associer à un roman une bande son. Il s’agit de nostalgie, de passé, d’histoire dans Funambules et la musique est une des façons les plus fortes pour moi de se replonger dans des ambiances et des souvenirs passés.

Quels sont les auteurs contemporains qui vous inspirent ? Vos derniers coups de cœur littéraires ?
J’ai toujours du mal à répondre à cette question qu’il s’agisse de mes auteurs favoris, de mes chanteurs préférés ou du dernier film qui m’a vraiment ému. Je n’ai aucune logique dans ce que je lis, même chose pour la musique. Je peux relire un classique puis engloutir trois livres d’un auteur contemporain puis lire des illustres inconnus puis revenir sur un classique. Je lis également beaucoup d’essais qui traitent des sujets qui m’inspirent. 

En ce moment, je lis beaucoup de livres sur l’art-thérapie par exemple. En terme de romans, et au risque de ne pas paraître très originale, j’ai récemment lu des œuvres de Murakami. Avant cela, je m’étais replongée dans Françoise Sagan, Hemingway et Hermann Hesse. J’ai également lu des livres d’auteurs moins connus dont je ne me rappelle plus le nom.

Pour terminer, quelques mots sur vos projets pour les mois à venir ? D’autres romans en cours ?
Oui ! J’écris actuellement la suite de Funambules qui, j’espère, sortira en 2013. Je vais animer plusieurs ateliers auprès d’adultes et d’enfants handicapés à partir de septembre, dans le cadre de ma formation d’art-thérapie.
Et puis, j’ai commencé à écrire une pièce de théâtre que j’aimerais beaucoup terminer aussi. Le monde de la scène me manque !
Normalement, je devrais repartir en Inde aussi ou peut-être en Birmanie…

Merci Julia, et bonne chance pour la suite !
Mélina Hoffmann

Propos recueillis pour le BSC News Magazine de Juin.

Chronique 'Funambules', Julia Germillon




« On s'habitue trop rapidement à notre prétendue existence, au petit nid douillet que l'on s'est créé. Parfois, il est nécessaire de recevoir une bonne claque dans la figure pour se rendre compte qu'on est à côté de la plaque. Qu'on vit en dehors de soi. En dehors de sa propre vie. »
Il est parfois dur de se sentir chez soi quelque part lorsqu’on se sent un étranger partout, de trouver à quoi s’accrocher lorsque tout s’effondre.
Enfant, la vie nous fait des promesses qui nous bercent tendrement jusqu’à ce que nous soyons en âge de comprendre qu’elle ne les tiendra pas. Alors, il faut se lancer. Tenter de se construire dans un monde qui tombe en ruines. 
Paris, début des années 1990. Il y a Sara, Ben, Mimi, Jane et quelques autres, errant dans les rues de Paris. Il y a Serge Gainsbourg, Nirvana, Brian Adams ou encore Alice in Chains qui envahissent les ondes. Il y a des rêves en couleur et des réalités sombres, des espoirs fragiles et des désillusions, des quêtes d’ici et des envies d’ailleurs.
Ben fuit le confort de maisons, de familles où il lui faudrait jouer un rôle, dissimuler sa peine de « petit garçon abîmé par le temps et usé par l'espoir », pour des squats où il peut être lui et laisser s’exprimer librement sa tristesse. Le jeune homme traîne ainsi ses incertitudes et son vague à l’âme dans les rues de Paris. Ces mêmes rues qu’arpente Sara, jeune allemande qui a quitté Berlin, sa ville natale dans laquelle elle se sentait trop à l’étroit, pour débuter une nouvelle vie en France. Et puis il y a Jane aussi, qui vit auprès de son grand-père et tente d’échapper à cette vie un peu trop belle que ce dernier a rêvée pour elle…
« Elle était démunie. Libre, mais démunie. Pépé l'avait gavée d'un bonheur prémâché. Il n'avait pas jugé utile d'armer sa petite-fille pour affronter la vraie vie. Et elle s'était laissée emporter par un tourbillon imaginaire. Il avait voulu la protéger en l'élevant dans un environnement rose bonbon peint avec amour. Trop d'amour. Trop de sirop. Des couleurs vives que même la pluie battante ne délavait pas. Une maison de poupées. Une prison dorée. Mais que se passait-il si l'on creusait l'un des murs. »
Julia Germillon signe ici un premier roman doté – en plus d’un titre et d’une couverture envoûtants - d’un sacré caractère ! Dans un style pudique et armée d’une plume habile, elle nous fait redécouvrir Paris sous le pas de ces personnages attachants, de ces jeunes gens révoltés en quête d’un peu de sincérité, de quiétude, même s’il ne s’agit que du confort précaire d’une illusion. Même si, aussi loin que l’on fuit, la réalité nous suit, notre passé nous rattrape, toujours. Même si nous ne sommes finalement tous que des funambules, avançant pas à peu au cœur de l’incertitude de nos vies, qui ne tiennent qu’à un fil.
Mélina Hoffmann

Chronique publiée dans le BSC News Magazine de Juin 2012.

Interview de Julia Germillon : http://mymelina.blogspot.fr/2012/06/interview-julia-germillon.html 

7 juin 2012

Chronique 'Naissance de Mirella', Claude Cavallero



« Il y a des nuits où les songeries de l'endormissement se prolongent en un long point d'orgue tourné vers l'infini. Et à la faveur de cette dérive s'éveillent en nous de nouveaux rivages... »
Enseignant-chercheur de Littérature à l'Université de Savoie, Claude Cavallero signe ici un recueil enchanteur de sept nouvelles qui, à mi-chemin entre le rêve et le souvenir, nous transportent dans le monde de l'enfance et à l'adolescence.
Il y a cette petite fille qui découvre un beau jour que ses parents l'ont en réalité adoptée et qui doit alors réapprivoiser sa vie ; il y a Elsa, la petite fille solitaire du phare de l'île devenue maîtresse d'école ; il y a Fanette, arrachée à ses parents arrêtés par les allemands, qui apprivoise sa solitude sans jamais céder au désespoir ; il y a encore Mirella, qui vit dans son propre monde teinté de mélancolie, insaisissable...
La plume de Claude Cavallero est juste, délicate et nuancée. Elle peint avec poésie et magie des décors où la nature, ses éléments et ses saisons, sont sans cesse célébrés, comme dans cette nouvelle où la neige vient recouvrir de sa blancheur un village où elle était attendue et espérée depuis longtemps, redessinant par petites touches les courbes du village, dévoilant lentement un autre monde teinté de féérie.
La nature apparaît tel un personnage à part entière de ces nouvelles tant elle leur donne leur tonalité, leurs nuances.
« Ainsi depuis quelques jours, la flamme douce et dorée de l'automne s'était éteinte au profit d'une horde d'épais nuages dont les contours, d'abord distincts, s'étaient ensuite effilochés. Le ciel était devenu une bâche grise uniforme de laquelle filtraient seulement, çà et là, les bribes d'une lumière mélancolique. Personne n'en parla d'abord. Dans les jardins, les dernières feuilles accrochées aux branches avaient viré à la lie de vin avant de lâcher prise sous le poids de l'humidité. »
Un recueil de nouvelles, comme une parenthèse de douceur, où l'instant présent est délicatement capturé, puis s'évapore sous notre regard émerveillé.
Mélina Hoffmann
Chronique publiée dans le BSC News Magazine de Mai 2012.

26 mai 2012

Chronique 'Les aimants', Jean-Marc Parisis



« Ces vingt ans qui prenaient trois secondes pour les dire et filaient en points de suspension, c'était finalement le bon rythme, la bonne ponctuation. Nos premiers mots prononcés à la Sorbonne n'en finissaient pas. Ava et moi: une phrase ininterrompue qui charriait gens, livres, voyages, aventures...Tous ces moments passés ensemble palpitaient encore dans l'onde de nos voix, de nos rires, à la terrasse des cafés, dans les rues, au bout du fil au milieu de la nuit. Nous aurons tout partagé, sauf des souvenirs. »

Ils ont vingt ans lorsqu'ils se rencontrent à la Sorbonne au début des années 80, et succombent aux forces de leur attraction. Lui, le narrateur, et elle, Ava. Bien plus qu'une simple femme, Ava est un idéal, un fantasme auquel l'auteur rend hommage tout au long de ce court roman autobiographique. Elle est à la fois le jour et la nuit, le ciel et la terre, la grâce, la vie, éblouissante et mystérieuse.
Entre amitié et amour, une harmonie parfaite unit ces deux êtres qui s'appartiennent sans se retenir, s'égarent sans se perdre, s'aiment sans se le dire, vingt années durant, sans que le temps n'use ce lien qui toujours les ramène l'un vers l'autre. Ils se perdent amants, se retrouvent amis, vont et viennent ainsi, de l'un à l'autre, pris et épris dans un tourbillon de liberté.
Unis dans leurs solitudes, solitaires dans leur union, leur relation ne respecte aucun principe, aucune norme. Loin de la jalousie, des doutes et des reproches, ils vivent un amour simple et sans crainte, insouciant, un amour qui ne se définit même pas. « Nous nous aimions sans peur et sans reproche, sans éprouver le besoin de nous le dire. On se foutait la paix avec l'amour. Je me demande même si l'on savait qu'on s'aimait. »
Mais à force de jouer avec le temps, le destin s'en mêle et la mort vient brutalement séparer les deux âmes sœurs. Face à l'absence, la force de l'amour se révèle douloureusement. Parce qu'ils savaient leur amour éternel ils en avaient oublié que la vie était courte...
« Aujourd'hui le ciel est vide. J'aurais aimé raconter une histoire, mais c'est tout ce qu'il m'en reste, et je n'en reviens pas .»
A travers une prose délicate et magnifiquement juste, Jean-Marc Parisis se raccroche à celle qui était son absolu et nous livre une confession brève mais puissante, au goût de désespoir et au parfum d'éternité. Ses mots, d'une beauté humble et saisissante, nous portent sans aller au-delà de l'essentiel.
Un livre magnétique sur un amour comme il en est parfois, de ceux qui s'ancrent au plus profond de l'être, qui réécrivent le temps, impossibles à éteindre, bien supérieurs à la mort.
Mélina Hoffmann
Chronique publiée dans le BSC News Magazine de Mai 2012.

15 mai 2012

Chronique 'Prête-moi ton homme', Emily Giffin


« La pensée de Darcy m'effleure fugitivement l'esprit, mais elle est aussitôt refoulée dans les tréfonds de mon cerveau par une force plus puissante que notre amitié et ma conscience. Dex s'allonge sur moi. Je ferme les yeux, les rouvre, puis les referme, et voilà comment, par une de ces bizarreries dont la vie a le secret, je me retrouve à faire éperdument l'amour avec le fiancé de ma meilleure amie. »
A la veille de ses trente ans, Rachel fait le point sur sa vie. Avoir un travail qui lui plaît et un homme qu'elle aime, voilà les seules choses dont elle rêve. Rien d'extravagant à priori. Des rêves dont elle est encore bien loin pourtant... Son métier d'avocate dans un grand cabinet new-yorkais, elle le déteste ; quant à sa vie sentimentale : un désert à perte de vue.
Heureusement que Rachel a de nombreux amis avec lesquels elle peut régulièrement tromper sa solitude, et surtout, heureusement qu'elle a Darcy, sa meilleure amie depuis toujours ! Elle en aurait, pourtant, des raisons de la détester cette amie égocentrique et un brin peste, qui a toujours été la plus jolie, la plus chanceuse, la plus brillante, la plus "tout" en fait !, et qui a surtout toujours pris un malin plaisir à le lui rappeler ! Aujourd'hui encore, Darcy a un travail prestigieux et un fiancé - Dex - avec lequel elle forme un magnifique couple.
C'est d'ailleurs Rachel qui sera sa demoiselle d'honneur au mariage qui se profile. Un rôle dont elle se réjouissait… jusqu'à ce qu'elle ne commette l'impensable, l'irréparable : coucher avec Dex ! Mais le pire peut encore être évité, après tout il ne s'agissait que d'une bêtise après une soirée trop arrosée... Il suffirait d'oublier ce faux-pas et de faire comme si rien ne s'était jamais passé, comme si le fiancé de sa meilleure amie ne l'avait jamais attirée. Ils pourraient en parler et décider d'un commun accord d’oublier ce qui s'est passé ! A moins qu'un nouveau baiser ardemment souhaité ne vienne définitivement balayer l'hypothèse du faux-pas et tout bouleverser...
« Comment pourrais-je tourner le dos à une expérience que je n'ai encore jamais faite et que j'attends depuis toujours ? Personne avant Dex ne m'avait bouleversée à ce point. Et si le miracle ne se reproduisait jamais plus ? Et si c'était lui l'homme de ma vie ? »
Voilà un roman à l’eau de rose comme on les aime (à condition de les aimer évidemment !). Le scénario n’est certes pas original - une relation triangulaire entre deux meilleures amies et le fiancé de l’une d’elle, impliquant l’éternel dilemme entre préserver une amitié ou ouvrir la porte à un nouvel amour - mais Emily Griffin sait allier passion, trahison, humour et légèreté pour que la recette prenne.
Rachel choisira-t-elle de préserver son amitié avec sa meilleure amie ? Dex finira-t-il par annuler son mariage ? Darcy découvrira-t-elle la trahison de son fiancé ? Et si cette relation permettait à Rachel de voir son ami sous un nouveau jour ?
Difficile de lâcher ce livre avant d’avoir les réponses à ces questions ! Et malgré un dénouement légèrement tiré par les cheveux il faut le reconnaître, on passe un bon moment, et ça tombe bien, c’est exactement ce qu’on cherchait !
Mélina Hoffmann
Chronique publiée dans le BSC News Magazine d'avril 2012.

2 mai 2012

Chronique 'Si peu d'endroits confortables', Fanny Salmeron




« Je ne sais pas si deux solitudes s'annulent, je ne sais pas si elles se consolent. Je ne sais pas si au contraire elles ne forment pas un vide encore plus grand. J'espère que non. »

Il y a Hannah, la fille aux yeux verts qui promène son chagrin dans les rues de Paris. Sur les murs et les bancs de la capitale, elle grave inlassablement cette inscription : « Il y a si peu d’endroits confortables ». Parce que les yeux de celle qu’elle aimait étaient le seul endroit où elle se sentait bien. Des yeux qui se sont détournés d’elle. Un cœur laissé à l’abandon. « Pendant que je me consume, Paris se remplit du manque de toi. »
Et puis il y a Joss, le garçon aux cheveux bleus, venu à Paris pour peindre et oublier son passé. « Je suis venu chercher l'oubli, j'ai trouvé de la pluie. (...) La vérité c'est qu'on est imperméable à que dalle. Surtout pas au manque. »
Leurs voix s’entremêlent avant que leurs solitudes ne se croisent et s’unissent pour tenter de se réchauffer le cœur et de faire cesser cette pluie qui les recouvre. Tandis qu’Hanna fait découvrir à Joss toute la magie de Paris à travers son regard, le jeune homme tente de redonner à Hanna le sourire et l’espoir. Il pensait y être arrivé… Nous l’espérions aussi. Mais la réalité, parfois, parvient à engloutir les plus beaux rêves…
Ce livre se classe sans l’ombre d’un doute dans le top 3 de mes coups de cœur ! Une claque en pleine figure ! Un coup de poing dans le ventre ! Plusieurs semaines après l’avoir lu – que dis-je, dévoré ! -, il me hante encore, surtout les jours de pluie. L’atmosphère dans laquelle nous plonge Fanny Salmeron est délicieusement inconfortable, faite de tristesse, de souffrance, de manques, de solitude, d’errance, le tout sur un fond gris sale, sous un triste ciel d’hiver. Ce qui trouble, ce qui frappe, ce qui dérange à coup sûr, c’est sans doute le réalisme excessif de l’histoire, l’absence totale de féérie, la brutalité des émotions.
Difficile de ne pas tomber amoureux de la plume magique de Fanny Salmeron qui signe là un premier roman très prometteur. L’écriture haletante, oppressante parfois, nous prend aux tripes et c’est dans une sorte d’état second que l’on achève la lecture, presque essoufflé.
Une lecture à éviter toutefois à la sortie d’une déception amoureuse douloureuse !
Mélina Hoffmann
 Chronique publiée dans le BSC News Magazine d'Avril 2012.